ers amis, il m’a semblé ces derniers jours que quelque chose d’inconcevable s’était introduit dans notre pays, comme un froid venu d’un autre siècle, lorsque le chef de nos armées, avec un sérieux qui m’a fait perdre la raison, a déclaré devant des centaines d’élus rassemblés au Congrès des maires qu’il fallait que la France se prépare à « perdre ses enfants ». Cette phrase, vous le savez, n’a pas seulement été prononcée : elle a été assumée, répétée, puis défendue publiquement par la ministre des Armées elle-même, qui, le lendemain, sur les plateaux de télévision, affirma que le général Mandon avait dit la vérité que les Français doivent entendre ». Quand j’ai entendu cette horrible déclaration, l’angoisse m’a prise à la gorge. La peur me déchire à l’idée de voir mes enfants partir en guerre et ne pas en revenir. Que le sort nous épargne ce que les parents ont connus durant les guerres de ces derniers siècles. Pendant la guerre de 14/18, il était courant que des mères perdent 5 fils d’un seul coup. Non, par pitié, ne me demandez pas de me préparer à cette échéance. Non! Ce conseil est inhumain. Nos dirigeants doivent se battre afin d’empêcher que la tragédie mondiale qui se profile ne nous abatte: N’est-ce pas le métier des chefs d’état Européen de nous protéger ?
Nous avons entendu Poutine déclarer que la Russie était prête à un conflit armé contre l’Europe si les Européens le souhaitent et commencent. C’est clair et net, il suffit que le Président de la République donne son feu vert et on y va. La Russie n’attend que ça, les armes sont fourbies.
Certes un chef d’état doit rester positif et voir le bon côté des choses. Premier avantage, il n’aura plus à préparer les prochaines élections puisque l’article 16 de notre Constitution prévoit leur suspension en cas de crise qui s’aggrave, offrant ainsi au Président la prolongation de son mandat. Les institutions sont remises en cause, la démocratie est en danger. Plus de budgets divers et variés à programmer. Terminé le temps passé à inventer des lois qui n’ont pas de sens! Autre bénéfice à tirer de la situation : certainement, moins de migrants viendront s’installer dans un pays en guerre.
Comment être rassuré par ces considérations hors sujet, alors que partout dans le monde se multiplient de sinistres prévisions.
– L’Otan parle d’un niveau de menace inédit depuis 1989. Le secrétaire général Mark Rutte, en visite à Bruxelles, déclare que l’Europe doit se préparer à des années très dangereuses.
– Macron lui-même, dans un discours du 6 novembre, a prononcé cette phrase qui a glacé les français : « Nous entrons dans des années où l’impensable redevient possible. »
– L’état-major français a annoncé vouloir doubler les effectifs de réserve d’ici trois ans.
– Des circulaires ont été envoyées aux mairies pour mettre en place des listes de soldats déjà inscrits au rappel de l’armée.
– Les journaux rapportent que la Russie a déployé des missiles Iskander supplémentaires à Kaliningrad.
– La Pologne renforce sa frontière.
– Les pays baltes réclament un bouclier européen d’urgence.
– Depuis septembre, nos armées conduisent des exercices de mobilisation massive, les plus importants depuis 1962.
– Un rapport de l’Institut Montaigne indique que la France n’a que 3 jours de munitions en cas de conflit majeur.
Cependant, après toutes ces déclarations alarmantes, un pays ne peut envisager tranquillement la mort de sa jeunesse avant d’avoir tout fait pour garantir sa prospérité. La France doit protéger son peuple, et refuser la fatalité qui risque de l’engloutir dans les années à venir. Si nous devons affronter des peurs, que ce ne soit pas celle d’enterrer nos enfants, mais celle de manquer de courage pour leur offrir un avenir vivable.
Préparons-nous plutôt à défendre la paix, qu’à annoncer la mort.
Simultanément à ce désastre qui nous terrorise, notre pays s’illumine avec l’arrivé de Noël, comme si deux Frances s’opposaient : l’une qui espère encore, l’autre qui se prépare au pire.
Nous n’avons pas le droit d’abandonner notre jeunesse dans l’ombre d’un discours militaire. Nous avons le devoir de la tenir dans la lumière. Souvenons-nous : un pays existe par ses enfants… Un pays tient debout s’il promet à sa jeunesse autre chose que la peur… Un pays mérite d’être aimé s’il refuse de sacrifier ceux qui incarnent son avenir…
NON ! La France ne souhaite pas perdre ses enfants. JAMAIS, tant que nous aurons une voix pour le dire, notre pays ne peut accepter une telle ignominie.
Laissons nos enfants apprendre dans la gaîté, chanter dans les cours d’écoles, et célébrer Noël en collant des paillettes sur des dessins. Bon Réveillon à vous tous mes chers amis, chassons la peur qui nous lancine et commençons la nouvelle année dans les rires et les baisers enflammés de nos petits amours. Anne Marie Mitterrand
La France souhaite qu’on perde nos enfants mais pas nos chats !

