Fais-moi rire !
Le problème de ce confinement c’est l’ennui, même les conversations au téléphone sont chagrines, après avoir échangé quelques – Comment ça va -, on ressasse les menaces médiatiques entendues à la radio, viennent les encouragements réciproques, on termine sur la sinistre conclusion : – Et c’est pas fini ! – . Le débat est clos. On raccroche. la tête dans les mains, on n’a plus qu’à s’embêter tout seul.
Un peu d’humour serait salutaire… L’humour sauve… Comment rire d’une pareille merda ? Quand on peut rigoler d’une catastrophe naturelle, ou d’un cataclysme familial, divorce ou faillite, le désastre n’est pas si grave, mais cette réaction est parfois proche de la bêtise! Possible aussi de ne percevoir que le comique d’une situation horrible, parce que le salaud qui se moque de ce qui ne le concerne pas est doté d’un égocentrisme forcené. Je pense à l’humour de Monsieur Lepen à propos des horreurs de la shoah : Ignoble. Mon propos n’est pas d’aggraver la morosité de la situation sanitaire actuelle en reprenant les mots d’un personnage à qui la parole devrait être interdite.

Revenons plutôt aux dispositions naturelles de l’être humain pour la répartie marante. Les meilleurs dans ce domaine sont les enfants avant qu’ils ne soient muselés par l’éducation, et par un endoctrinent similaire : les modes et tendances du moment. Dès l’adolescence, le jeune se plie aux bonnes ou mauvaises manières que la société et les médias lui imposent, tandis que le petit môme de trois/quatre ans vierge d’instruction, découvre le langage qu’il déforme à sa guise, invente des blagues qui déclenchent l’hilarité. L’enfance passe vite avec l’éducation! On devient des adultes pas spécialement bien élevés, Mais convenus et branchés « komifo ». Quel ennui.
Cependant, si les Français cultivent le conformisme il y a des pays connus pour leur comique. Hors les géniaux calembours de Winston Churchill qui me font mourir de rire, je n’ai fait que de brefs séjours en Angleterre et si je ne conteste pas l’humour anglais, je ne peux m’y référer. Pour effacer un spleen passager, il suffit de lire une histoire juive, on retrouve aussitôt la forme. L’humour cochon ne m’amuse pas et les caricatures de Charlie Hebdo me choquent trop pour en rire. Mais… La liberté d’expression est nécessaire.
L’humour Belge est le plus rigolo. En Belgique, mon deuxième pays, on ne peut résister au rocambolesque des situations. Je travaillais dans une Usine à Ninove, à une quarantaine de kms de Bruxelles et j’ai passé, avec mes collègues de boulot les moments les plus cocasses de ma vie. Ces gens-là sont drôles naturellement, quel que soit leur milieu social, et plus encore s’ils n’appartiennent pas à la haute société. Certes l’accent y est pour quelque chose, mais les vérités qu’ils sortent, l’air de rien, sont désopilantes.

Sur le coup on éclate de rire, puis on en saisit la profondeur. Le Belge a tout compris, il est dans le vrai ! Sans aucune affectation et dans la dérision le citoyen ordinaire qu’il soit Flamand ou Wallon fait passer des vérités pleines de bon sens à propos de sujets que personne n’ose aborder. Que ce soit un rendez-vous avec l’inspecteur des impôts, une convocation du commissaire de police, ou dans une réunion politique, à chaque fois, ça tourne à la farce: «on sait rire en Belgique». À chaque fois que je raconte mes histoires Belges, on me conseille de faire du théâtre comique ! Le covid est arrivé, chacun chez soi, fini la rigolade! Quel dommage.
Les femmes usent de leurs avantages physiques pour plaire aux hommes, chevelure, décolleté, cuisses fuselées… Pour séduire, il ne reste aux garçons dépourvus de semblables attraits, que l’humour. Beaux partis, diplômés prestigieux ou financiers de haut niveau, c’est pareil : Dès le premier rendez-vous : – Fais-moi rire-, lui dit-elle. – La vache comment je vais faire ?? Trouver la blague ! Passage obligé du soupirant. C’est vrai, j’ai plein de fils, et j’avoue être un peu partiale, mais pourquoi cet impératif revient-il en exclusivité à l’homme ? S’il est l’égal de la femme, faire rire l’autre devrait être une fonction établie à égalité. Mademoiselle, vous qui êtes si drôle, prouvez le. Non ! Hélas pas de parité dans ce sens. Le brave type briffé, gentiment, s’exécute et s’efforce d’amuser son amoureuse.

On le retrouve à soixante ans, père de famille, entre épouses et maîtresses, il continue à débiter ses bons mots : un comique de répétition carrément lourd ! Cependant il y a une solution pour retourner la situation. Money… Money… Même vieux et crétin, l’homme aux yeux des femmes, quand il est riche, subitement devient drôle. Messieurs, Allongez les billets. Et… fini l’humour sur commande !
Vous voilà libérés de la corvée, -en plus- félicités en permanence. Miracle !
Attablée en face de vous dans le restaurant étoilé où vous l’avez invitée, elle est pliée de rire, elle doit appuyer son décolleté plongeant contre la table tant vous l’amusez et les compliments tombent : Vous êtes doué d’un humour foudroyant qui la foudroie… Avec vous la vie a de la fantaisie … Elle n’a jamais connu ça… Oui elle est prête à sacrifier sa liberté pour vous.
Alors Messieurs, n’hésitez plus, devenez riche enfin vous serez drôles.
