On mange, on s’habille, on se soigne «comme j’aime», on fait le métier «que j’aime», on «aime» ses voisins, naturellement. Autre utopie : Il est insuffisant d’accueillir l’envahisseur à bras ouverts. On ne le connait pas mais il faut l’ « aimer» !
Quand les migrants ont débarqué, l’hospitalité en Allemagne fut délirante, en France à peine plus réservée. Certains qui osaient se montrer un peu sceptiques quant à la qualité des invités furent traités de sans-cœurs, parmi la foule de ressortissants quelques mauvaises personnes auraient pu s’infiltrer, cependant on ne vérifia pas les curriculums de chaque visiteur. Voyons ! Avec l’amour va la confiance ! Aujourd’hui, à Calais, les personnes déplacées ont la gratitude haineuse: Attaques. Dégradations. Hostilité. Une chose est sûre, de leur côté, l’amour n’y est pas ! Les Calaisiens, les routiers ne savent plus comment éviter les pièges qui leurs sont tendus. Outre-Rhin, à l’identique ! Les citoyens si hospitaliers il y a quelques mois, ne le sont plus.
Nous sommes déjà soumis au politiquement correct, au bien-être obligatoire, récemment à l’angélisme, on ne va pas nous ajouter l’amour de commande.
Ne galvaudons pas ce mot merveilleux quand il a du sens. D’accord, l’amour n’était peut-être pas assez utilisé jadis. On éduquait l’être humain dans le devoir, l’effort, et la volonté. Des valeurs austères certes mais combien nobles! …
Employer à tous bouts de champs le verbe aimer pour minimiser les dangers et nier la réalité est une tromperie, une illusion qui fait mal quand elle s’effondre. Il n’est pas donné à tous d’aimer son métier mais il faut en exercer un, qu’on l’aime ou non. Avec l’usure du temps, il est normal de plus aimer son conjoint comme au premier jour, ce n’est pas une raison pour détruire une famille! On serre les dents. On déteste son quartier, mais on n’a pas la possibilité d’en changer, tant pis, c’est comme ça !
Venons-en à l’amour de l’autre, le vrai, l’amour humain. Personnellement, je connais plein de gens qui ne sont pas doués, n’aiment personne hors eux-mêmes et ce sont ceux-là qui en parlent le plus d’amour.
Basta avec l’amour! Protégeons ce mot des usurpateurs qui s’en servent pour abuser leurs prochains, et laissons-nous le bonheur de prononcer, sans arrière-pensée, mais dans la vérité vraie ces deux merveilleux mots : «Je t’aime». Quand l’amour est si fort qu’il ne peut être contenu, sur le quai d’une gare pour un départ ou un retour, après une étreinte qui vous a transporté vers les étoiles, crié avec passion à l’enfant qui se jette dans vos bras, murmuré au grand fils qui se lance dans la vie. «Je t’aime» «Mon amour» des mots qui doivent garder leur beauté, rare et sacrée, la beauté des sentiments.
