Merveilleux de voir New York par beau temps, doux, ensoleillé, juste un vent léger doux comme une caresse. La ville est somptueuse, toujours en essor, trépidante, le mouvement est ininterrompu, les restaurants sont pris d’assaut, les rues pleines de gens de tous les horizons, se côtoient destins obscurs et personnages triomphants. Plus loin, des orchestres de Jazz installés dans les squares enchantent les promeneurs.
Un autre paramètre qui a son importance m’a frappé, malgré le foisonnement, l’agitation et le bruit, flotte une impression de sécurité, voleurs, agresseurs semblent absents. Pour le voyageur habitué à la morosité des capitales Européennes, la différence s’impose : à New York, la réussite est accessible à celui qui la convoite. Pour peu qu’on soit jeune, travailleur et ambitieux, c’est bien là qu’il faut tenter sa chance.
Alors pourquoi en marchant sur les larges trottoirs surpeuplés des avenues, dans les allées des espaces verts dois-je ressentir un certain étonnement que j’essaie d’analyser. Dans les jardins, assises sur des bancs, des femmes, indifféremment jeunes ou vieilles, un peu perdues, les plus âgées hagardes, les unes comme les autres sont « seules ». Des hommes pressés marchent vite « seuls ». Des adolescents, filles hyper sexy, très attirantes, garçons très discrets, ne se baladent pas ensemble en bandes animées, en guise de compagnie, le téléphone à l’oreille.
Maintenant, je comprends ma perplexité. Pas une critique mais une constatation. Une formule que ma belle-fille, il y a quelques mois en villégiature à New York, avait utilisée pour qualifier ces milliers de passants, multitude de gens sans point commun qui déambulent en permanence : Une foule solitaire. AM
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