Je voudrais vous faire partager une impression un peu déstabilisante concernant les «grandes vacances». Le terme semble avoir disparu, les transhumances familiales du siècle de la Comtesse de Ségur ne sont plus. La mode est aux week-ends prolongés et autre « ponts ». Certes on découvre facilement des pays nouveaux, on fait des rencontres furtives avec des gens qu’on ne reverra jamais, on accumule dans sa tête des tas de paysages dont on ne retiendra rien, point de durée dans les rapports humains, peu de souvenirs à garder, le seul avantage est de ne pas avoir le temps de s’ennuyer comme c’était parfois le cas au long de ces «grandes vacances» qui n’en finissaient plus.
Peut-être aussi le regroupement des générations est-il incompatible avec le nombre croissant de familles recomposées dont les enfants savent à peine de quel couple ils proviennent. Trop désorientés pour les mélanger avec leurs faux frères et sœurs, oui, pour ceux-là, mieux vaut chacun sa route, les voyages forment la jeunesse, autant en acquérir le goût plus vite possible.
Ce sont les grands-parents qui posent un problème. Les vols à bas-prix, le sac à dos, et les nuits à la belle-étoile au fond d’un pays exotique, ils ne connaissent pas. Ils attendent les longs congés d’été pour se retrouver en famille dans leur belle villa, le vieux moulin réaménagé, à l’abri du bruit et de la vitesse. L’image paraît désuète, probablement celle du ralliement annuel entre vieux et jeunes est révolue. Il faut s’adapter à son époque,
Anamaria
