Mais pourquoi « j’aime pas les vacances » ???
Les voilà sur le point de s’achever. Défendu de crier victoire avant le dernier retour, mais c’est presque gagné ! … Les uns après les autres en reviennent, sains et saufs. Ciel ! Ce que j’entends des vacances terminées, quand les vacanciers se laissent aller aux confidences, me conforte dans mes positions. Je retiens ma remarque : – Je l’avais bien dit – et prête l’oreille. Pas d’inondations majeures, ni d’incendie dévastateur, juste des détails sans importance, les produits pour la piscine étant périmés, des nuées de moustiques stagnant en sa surface, elle était inutilisable. Manque de bol, pour se baigner, on aurait dû prévoir un bateau, il faut s’y prendre en janvier, plus un rafiot à louer! Décidément l’année prochaine, on fera différent, vive la montagne. Je suis dubitative ceux qui en reviennent en ont à raconter des anecdotes à hauts risques, entre les crevasses et les orages, il y a de quoi faire ! Peut-être peut-on envisager des pays très lointains. On en ramène des virus, tant pis, les vacances n’ont pas de prix. Allons, allons ! Courage ! Les prochaines, seront meilleures, il suffit d’avoir la nature optimiste et le caractère souple.

Mais pourquoi « j’aime pas les vacances » ???
En fait les vacances me font peur. D’abord on est séparé de sa famille et les moyens de communication contrairement aux apparences sont moins rigoureux qu’ils ne l’étaient, le téléphone fixe ne tombait jamais
Si bien qu’on n’a aucune nouvelles de son enfant qui se trouve dans des pays lointains dont l’éloignement est déjà inquiétant.
Par ailleurs, on sait tous que les mésaventures arrivent pendant les voyages, dangers divers, accidents, mauvaises rencontres, on vous vole le sac avec les papiers, le liquide et le portable, une bonne raison pour ne plus donner signe de vie ! L’horreur pour la mère qui peut se réjouir si l’ambassade ne l’appelle pas pour lui annoncer que son fils est à l’hôpital.
Sur un plan plus personnel, j’ai eu droit à des séjours rudes avec mari et enfants dans le but de leur donner le goût de l’aventure, ils l’ont acquis certes mais moi je l’ai perdu.
Des heures de voiture dans le désert à regarder le silence, des heures de barque dans une mare, à attendre qu’un crocodile montre son nez au risque qu’il m’avale un gosse, les piqûres, les allergies, la trousse de médicaments qui a pris l’eau, pas de pharmacie, les toilettes en plein air, les draps humides et autre désagréments sportifs ! Sincèrement je n’ai pas aimé. Suis-je traumatisée ? Tant pis, impossible de guérir.Peut-être sommes-nous plusieurs pour qui les vacances sont difficiles à passer, mais personne n’ose le dire.
D’abord on ne dit pas « moi je » ensuite tout le monde aime les vacances. Pourquoi cette infirmité m’est-elle tombée dessus ? Avec l’analyse psychologique tellement à la mode, il m’est souvent conseillé de remonter à la prime enfance, certainement je suis victime d’un traumatisme des séquelles duquel je dois me débarrasser. Eh bien non ! Elles étaient magnifiques les vacances de ma jeunesse, les destinations moins lointaines et moins variées, les moyens de locomotion beaucoup plus lents, on les nommait encore « les grandes vacances » comme du temps de la Comtesse de Ségur. On mettait facilement deux jours pour aller au bord de la mer, les parents devant, enfants et nounou entassés à l’arrière, pas de sièges auto ni de ceinture à boucler, et les bagages expédiés par la Sernam, qui fait transporter sa valise par la SNCF aujourd’hui ? Tout ça semble un peu désuet, mais ce n’était pas triste. Il pleuvait en Bretagne, sous le soleil de la Méditerranée les parasols bariolaient les plages de mille rayures et des marchands de glace partout. De jolis souvenirs, vraiment, pas de quoi être traumatisé. Et vous, aimez- vous les vacances?
