Moi j’adore les jeunes, ils nous poussent à marcher droit, c’est génial de travailler avec eux, ils sont courageux, inventifs, souvent formidables. Mais quelle énorme différence d’une génération à l’autre!
Parents de grands ados à la quarantaine, de jeunes adultes à la cinquantaine, vingt, vingt-cinq ans les séparent, avant Internet c’était peu, depuis c’est énorme. Tout a changé, les mentalités, les habitudes, le langage, même les rapports humains ! On ne se parle plus on s’écrit des messages bourrés de fautes d’orthographe, on ne se rencontre plus dans une boum ou dans un bal de village, à la campagne comme à la ville c’est pareil, on fait connaissance par internet ! Comment une mère des années 80 qui n’avait pas de téléphone portable, peut-elle comprendre que sa fille de dix-huit ans soit amoureuse d’un garçon rencontré sur Internet, il habite à des milliers de kilomètres. Heureusement, Skype est là! Ainsi, la mère peut se faire une petite idée ! Mais sa famille, ses amis, demeurent dans le mystère. La mère met en garde sa fille, elle voudrait lui expliquer le bonheur d’un geste, l’émotion d’une caresse, l’euphorie du premier baiser ? Elle se fait rembarrer il n’y aura pas de déception lors de leur rencontre puisqu’ils s’aiment !
Là évidemment, il y a fossé !
Tout est à l’avenant, conversations, achats, aveux très intimes, transaction professionnelle ou souvenir à partager, on passe par Internet.
Confronté à cette nouvelle manière d’entretenir des relations sociales, la réaction des seniors varie, soit on se lance dans l’aventure, l’effort est énorme, on fait semblant de s’y connaître, et on croule sous les spams qu’on ne sait pas virer. Soit on se fait aider par un jeune, il clique si vite qu’on décroche et c’est lui qui entretient vos contacts, ou bien on se drape dans le passé, refus catégorique de la communication via Internet et on est abandonné de tous, le fossé entre générations devient gouffre.
Pour ma part je dis qu’il faut y aller, ce n’est pas une question d’âge mais de mentalité, nous qui ne sommes pas nés avec un Ipad entre les mains, nous devons nous adapter comme si c’était le cas. Ne nous laissons pas épater par les jeunes, ils ont des pannes aussi, à force de fausses manip et de temps perdu à les rattraper parfois, on leur fait découvrir des manœuvres qu’ils ne connaissent pas! Alors il n’y a plus de fossé.
Anne-Marie Mitterrand
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