La Chute de la Maison Mitterrand

Non. Ce ne sont pas les insultes venimeuses d’un personnage haineux qui peuvent faire tomber les Mitterrand.   

Je suis tellement scandalisée par l’article de ce Monsieur Drillon sorti dans le Nouvel Observateur à propos de mon beau-frère Frédéric Mitterrand que je crains de ne pas maîtriser ma violence à l’endroit de ce journaliste. Je préfère laisser mon autre beau-frère Jean-Gabriel Mitterrand exprimer mon indignation avec ses mots certainement plus mesurés que ceux que j’emploierai. Je vous transmets ici la lettre qu’il a adressée au Président du  Nouvel Observateur, lisez-là et comme moi laissez éclater votre colère.  

A Monsieur Jean Daniel, Président, Fondateur du Nouvel Observateur

« Monsieur,

Mon amitié et ma fidélité à la lecture du Nouvel Observateur m’obligent à réagir avec force à l’article paru il y a une semaine sur mon frère Frédéric, Ministre de la Culture et de la Communication. C’est à vous que je m’adresse, car vous êtes l’homme « moral » par excellence, le journaliste de la « conscience » en politique, l’écrivain des combats d’idées et de la tolérance.

Ce que j’ai lu, la semaine dernière, dans la pseudo-enquête de Jacques Drillon sur Frédéric Mitterrand est insupportable à lire dans les colonnes de votre Magazine. Ce texte, intitulé « La Chute de la Maison Mitterrand » relève d’un esprit de caste aigri usant d’un procédé usé mais efficace : le concentré d’informations piquées ici et là et brodées ensemble avec pour objectif clair : la destruction d’une réputation et d’un homme.

Au bout du compte on se trouve face à un texte de mauvaise foi et mal informé, davantage digne de Marianne que du Nouvel Observateur ; avis d’un vieux lecteur.

En effet, le désir de nuire dans cet article s’exprime dès les premières lignes avec la phrase de l’auteur sur Frédéric Mitterrand : « il a publié plus de livres qu’il n’en a lu », laissant entendre que mon frère aurait tout au plus lu une dizaine de livres dans sa vie. Est-ce une information bien construite, honnête et sans arrière pensées ? Puisée aux sources du journalisme d’investigation le plus sérieux, sur le modèle anglo-saxon ?

Comment expliquer un peu plus loin dans cette lecture édifiante que Jacques Drillon puisse se permettre de condamner notre Ministre à rester « agréable et inoffensif » voué qu’il est finalement à commenter sur une Chaine TV « les mariages princiers et les descentes d’organe », phrase d’une vulgarité affligeante.

Ajoutant la vulgarité à la vulgarité votre journaliste juge que Frédéric Mitterrand « a mis le cul au centre de sa vie publique ». Pour étayer sa démonstration il se réfère à des mots d’humour de mon frère, prononcés il y a plusieurs années et sans relation avec son Ministère, ni bien entendu avec sa mission culturelle. Enfin dans le chapelet d’insultes gratuites votre journaliste se permet de voir F.M. en « artiste de supermarché » une sorte de « Paris Plages fait homme », de « Ministre de l’inculture »…

En soulignant ainsi la gratuité des insultes personnelles je laisse de coté la critique des actions et de la personnalité de mon frère que l’article exploite avec délectation et je pointe le doigt sur ce qui me paraît le plus indigne. J’avoue ne pas comprendre la caution que vous donnez à cet article de mauvaise qualité et d’une grande lâcheté, c’est une nuisance pour la crédibilité du Nouvel Observateur, mais c’est vous qui en êtes juge .

Je tente de résister, avec mes moyens modestes, à cette perte d’âme qui menace partout la pensée politique et gâte bien souvent nos échanges et nos dialogues, cette perte d’âme qui menace au cœur d’un métier noble et nécessaire à la démocratie, celui de journaliste. Je me refuse à associer le nom de l’auteur de ce texte à ce métier, inspiré qu’il est par la plus basse démagogie, il se nourrit aux racines troubles des dogmes de l’extrême droite que vous dénoncez dans le même numéro.

Enfin, non seulement la technique du « collage » de petites phrases est douteuse pour dresser un portrait sans parti-pris, chaque choix de citation étant déjà un parti-pris, mais je critique aussi le jeu qui consiste à piéger mon frère en lui demandant une interview alors même qu’il n’a pas été informé du contenu de l’enquête au vitriol qui la précède.

Ce piège est peu digne des méthodes habituelles du « Nouvel Observateur », j’espère qu’il ne faudra pas s’habituer à le lire dorénavant en « saute-moutons », en évitant les pages laides de Jacques Drillon.

J’ose espérer que Frédéric Mitterrand aura rapidement, dans vos colonnes, une occasion de s’expliquer et de développer sa pensée qui bien entendu, comme vous le savez si bien vous-même, est brillante, claire, cultivée et engagée, bien au-delà des petites médiocrités.

Veuillez croire, Monsieur, à l’assurance de ma plus fidèle et respectueuse admiration.

Jean-Gabriel Mitterrand. »

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. labasoche dit :

    Il y a dans notre société de bons mais aussi de mauvais journalistes. Ceux qui font honorablement leur métier de l’information et les autres qui par tous les moyens s’ingénient à créer de toutes pièces les faits pour une presse à sensation, faite pour nourrir les appétits avides de ʺvoyeurisme malsainʺ d’un certain public…

    1. Comment donc se défendre contre les offenses écrites dans un journal, soit vous y répondez et vos propos risquent de se retourner contre vous, soit on laisse couler le venin en essayant de ne pas en tenir compte, et on semble accepter les outrages ?

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