Anniversaire 30 ans Mitterrand président – 2ème extrait

Deuxième extrait d’Un Nom dur à porter

« Peu après les élections de 1981, ils dînaient un dimanche soir au Pied de Cochon ; soudain, branle-bas dans la salle prestement vidée de ses clients. On ne pouvait  se méfier de mes parents, des habitués à l’allure convenable, pas de risque qu’ils se révèlent de dangereux terroristes, ils furent autorisés à terminer leur repas. Papa et Maman un peu éberlués observaient les serveurs rassembler les tables afin de mettre le couvert pour une trentaine de personnes. Puis dans un grand tohu-bohu triomphant, l’intelligentsia branchée du moment pris place pour se taper gaiement la cloche. Des jeunes femmes bronzées, des mecs en tenue décontractée, blouson de cuir et cachemire, rivalisaient de bons mots et de compliments adroitement tournés pour amener un sourire sur les lèvres minces du monsieur raide comme la justice qui présidait le joyeux banquet sur lequel il jetait un regard qui se voulait tolérant, mais auquel rien n’échappait.

Ma mère, qui ne lisait pas la presse et n’avait pas de télé, porta à ses yeux des lorgnons à une branche.

–          C’est bizarre, j’ai l’impression d’avoir vu ce monsieur quelque part !

Mon père, plus informé, se moqua :

–          Au lieu d’utiliser cet instrument qui date de Mathusalem, vous devriez moderniser vos lunettes, ne reconnaissez-vous donc pas Mitterrand !

Nom d’une pipe ! Ca  lui coupa l’appétit. Quoique le bruit occasionné par ces gens qui parlaient  trop fort leur fût désagréable, déterminés à affronter la situation avec dignité ils restèrent assis, stoïques  en dépit du chahut convivial de leurs voisins. Ils en étaient à la tisane quand les gardes du corps qui se restauraient  à l’écart, sur un imperceptible hochement de tête du maître, donnèrent le signal du départ, l’escortant à travers les tables vides, hors celle des parents, devant laquelle mon oncle s’arrêta pour les saluer. Là, on peut l’admirer pour sa formidable mémoire visuelle : il ne les avait entrevus que deux ou trois fois, mairie, dîner du mariage, naissance. Mon père se leva, serra la main tendue, donna des nouvelles de sa fille et de son gendre, quant à Maman, son cœur de grand-mère rempli d’amour craqua. Oubliant ses rancunes politiques, complètement illuminée dès qu’il s’agissait de ses petits-enfants, elle ne résista pas au bonheur de vanter les qualités de son dernier en les rapprochant de celles de l’oncle. […] »

Rendez-vous sur ce blog demain pour découvrir le prochain extrait !
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