Interview Complet

Anne-Marie Mitterrand
Anne-Marie Mitterrand

Quel est votre parcours?

Zéro parcours, pas de diplôme, aucune  performance, des maris, des enfants, j’étais et je reste juste une mère de famille nombreuse, rien de plus classique. Petits enfants petits soucis, les voilà grands, je suis là pour eux quand ils ont besoin de moi.

J’ai peur de l’eau et de la montagne, je n’aime pas l’air, ni les vacances, ni le bridge, mon voyage à moi c’est l’écriture, une fatalité à laquelle on n’échappe pas quand elle vous tombe dessus. Que faire d’une nécessité incontournable, sinon y céder, plus encore, s’y noyer? Chacun son ivresse. Je ne peux m’empêcher d’écrire, roman, récit, théâtre, à la mairie ou au préfet de police, tout est bon, j’écris. Les larmes aux yeux, la rage au cœur ou dans un éclat de rire, c’est à travers mes personnages que je vis la puissance et la gloire, la douleur de la trahison ou les affres de la jalousie. Tout près de moi, le divin Opéra, la voix de la Callas s’élève, me transporte l’âme vers les étoiles. Je me laisse aller à la grandeur, à la force des sentiments, tendresse, violence, je devine, j’invente les excès du pouvoir, les dérapages de l’amour, sa dégoûtante bassesse parfois. Je comprends la beauté de la sexualité ou sa misère. Coupée du monde, j’approche l’intense.

A mon sens, l’écriture est une délivrance interdite dans le quotidien d’une femme ordinaire.

Je n’en reviens pas, cependant c’est la vérité, bientôt mon dixième ouvrage sera publié et l’écriture demeure toujours pour moi l’évasion miraculeuse.

 

Pourquoi avoir choisi la Maison d’édition le Manuscrit?

Première raison essentielle, parce mon éditeur est une amie. Après deux ou trois ans de travail solitaire, l’auteur a besoin d’affection, Martine Lemalet m’en donne. Elle entretient une vraie relation avec l’auteur comme s’il était unique, elle consacre du temps et de l’attention au texte, en vérifie chaque mot, corrige les erreurs, en connaît les qualités et les met en valeur. Solidaires l’une de l’autre, nous partageons le même désir de faire le mieux possible pour le lecteur et y réussir.

Par ailleurs, le modèle éditorial de la maison que dirige Martine Lemalet m’a séduit, elle est la pionnière de l’édition en ligne, tout en privilégiant la littérature traditionnelle, les éditions « Le Manuscrit » s’adaptent à son époque. Si le livre papier reste un objet précieux, dont les libraires sont  les indispensables garants, il faut tous se mettre aussi au numérique, une complémentarité qui permet à l’ouvrage de s’inscrire dans la durée, le livre papier étant toujours disponible, à tout moment et partout.

Dans dix ans, ce sera passé dans les mœurs, aujourd’hui lancer un roman non seulement en papier mais également en numérique est un défi qui nécessite du courage et de la ténacité, j’espère nombreux seront les lecteurs qui vont nous aider à gagner ce pari à risque.

Et puis une dernière raison a déterminé mon choix, un clin d’œil, la première lettre de Manuscrit et de Mitterrand est la même, M&M va nous porter chance.


Quels projets d’écriture avez-vous pour l’avenir?

J’en ai trop. Les idées se bousculent, se superposent, s’entassent dans ma tête. Normal : l’être humain m’intéresse et d’un minuscule évènement je fais un roman à épisodes! Je fatigue tout le monde avec mes histoires! Mes enfants, mes proches me rappellent à l’ordre, quand donc va-t-elle débrancher, et l’esprit au repos, profiter des petits plaisirs de l’existence. Heureusement que l’écriture demande du temps, car si j’en avais assez jusqu’à épuiser mon inspiration, on n’en sortirait pas!

Enfin! Pour le moment, j’écris la suite de la trilogie qui commence par « Attends-moi, j’arrive« , l’Occupation, la guerre de 1940; vingt ans après, ce sont les turbulences de 68 qui secouent le pays. On retrouve les mêmes personnages dans un récit « Reste avec moi » qui paraîtra le 13 octobre prochain aux éditions le Manuscrit. Dans l’immédiat, je prépare la troisième partie qui traitera des années Mitterrand.

Dernière information qui me comble, mon livre qui avait eu beaucoup de succès « Un nom dur à porter«  étant épuisé, le Manuscrit me fait l’honneur de le rééditer en papier et en ligne.

Pour le reste! Les projets planifiés avec ardeur s’effondrent toujours, superstitieuse, je préfère garder le silence sur ceux que je voudrais réaliser.

5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Valéry Dargier dit :

    C’est en écoutant la version commerciale de 1954 de « Norma », avec Maria Callas, celle dirigée par Tullio Serafin, la plus facile à trouver donc, que j’ai compris certains aspects de cet opéras que je réduisais bien vite au « Casta Diva » du premier acte. Grâce à Maria Callas, la scène qui commence par « in mia man… » lorsque Pollione se trouve entre les mains de Norma, prend tout son sens. Les reproches qu’elle lui adresse sont en réalité une déclaration d’amour. Cette scène est sans doute encore plus convaincante que celle où elle se dénonce à la place d’Adalgise. Je ne l’avais jamais remarquée dans la bouche d’autres interprètes, pourtant excellentes. La voix de Maria Callas est nette, précise, chargée d’émotion et elle nous attire de façon irrésistible, à la manière d’un aimant. Je pense aussi à son Amelia du « Bal masqué » dont elle a laissé deux témoignages émouvants et à sa Pauline du « Poliuto » de Donizetti, sa toute dernière création. Ces deux interprétations m’ont inspiré deux romans dont l’un est écrit et l’autre en gestation. C’est son grand air d’entrée dans le rôle de Pauline qui m’a le plus inspiré. Dans « Un bal masqué », le premier grand air du ténor, lorsqu’il découvre le message que lui tend Oscar, m’a permis de composer une longue scène onirique qui part d’une réalité somme toute assez banale, qui se poursuit par cet air et qui se termine par la transformation progressive des personnages en cascade qui se jettera finalement dans un lac de montagne. Racontée de cette façon hâtive et maladroite, la scène doit paraître clownesque, mais je pense composer un chapitre assez réussi. Mes rares lecteurs, ceux qui sont habitués à mes fantasmagories, ne s’en étonneront pas… Mon inspiration est essentiellement issue de la comédie musicale, de l’opéra, du cinéma de Mizoguchi, d’Ophuls, de Demy…

  2. Elisabeth Bertier dit :

    Bonjour Anne Marie,

    Vous souvenez vous de nos histoires de matelas Epeda?
    Peut etre à bientot sur le web.
    Amicalement
    Elisabeth

  3. Mon cher et merveilleux Joël
    Je te retrouve comme je te connais, généreux et prolixe. Tes projets sont si nombreux, ta culture si étendue, tu es un exemple à suivre et copier. Il ne faut pas s’arrêter, Je t’embrasse AM

  4. jabes sophie dit :

    Bonjour Anne-Marie,
    j’ai hâte de découvrir vos livres !
    A très bientôt
    Sophie

    1. Merci chère Sophie de ce gentil message, J’ai bien reçu votre « Duchesse de Singapour » que je me réjouis de lire et pouvoir vous en parler très vite. J’espère à bientôt

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